
Succession et héritage
Régler une succession chez le notaire est une étape incontournable en France dès lors que le défunt laisse un patrimoine immobilier, un testament ou des actifs financiers supérieurs à 5 000 euros. Contrairement à une idée reçue, le transfert des biens aux héritiers n’est pas automatique au moment du décès. Il nécessite une procédure juridique précise, composée de plusieurs actes authentiques, pour identifier les héritiers, évaluer le patrimoine, payer les impôts à l’État et enfin, répartir les biens.
La perte d’un proche est une épreuve difficile, et la complexité administrative peut vite devenir un fardeau. Pour vous aider à y voir plus clair, voici le déroulement chronologique d’une succession et les documents officiels que le notaire devra rédiger.
1. L’Acte de Notoriété : « Qui sont les héritiers ? »
C’est la première étape fondamentale. Le notaire consulte le Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés (FCDDV) pour vérifier s’il existe un testament. Ensuite, il rédige l’acte de notoriété.
Ce document officiel liste les personnes appelées à recueillir la succession (enfants, conjoint, légataires) et leurs droits respectifs. C’est le sésame qui permet aux héritiers de prouver leur qualité pour débloquer les comptes bancaires du défunt ou modifier les contrats d’abonnement (EDF, assurance).
2. Le Bilan Patrimonial et l’Inventaire
Une fois les héritiers identifiés, le notaire doit dresser un état des lieux complet du patrimoine du défunt.
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L’Actif : Comptes bancaires, biens immobiliers, mobilier, véhicules, assurance-vie…
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Le Passif : Dettes, emprunts, factures impayées, frais d’obsèques.
Dans certains cas (notamment s’il y a des dettes ou des objets de valeur), un inventaire réalisé avec un commissaire-priseur peut être nécessaire pour protéger les héritiers.
3. Les formalités hypothécaires et fiscales
C’est l’étape la plus technique.
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L’Attestation Immobilière : Si le défunt était propriétaire d’un bien immobilier (maison, appartement, terrain), cet acte est obligatoire. Il permet de transférer la propriété du défunt aux héritiers au Service de la Publicité Foncière. C’est ce qui met le titre de propriété à jour.
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La Déclaration de Succession : Le notaire rédige et dépose ce document auprès de l’administration fiscale dans les 6 mois suivant le décès. C’est sur cette base que sont calculés les éventuels droits de succession (impôts) à payer.
4. Le Partage des biens : La fin de l’indivision
À ce stade, les héritiers sont propriétaires ensemble de tous les biens (ils sont en « indivision »). S’ils souhaitent sortir de cette situation et se répartir les lots (l’un prend la maison, l’autre les comptes bancaires, etc.), le notaire rédige un Acte de Partage. Cet acte a un coût fiscal et notarié, mais il permet à chacun de devenir seul propriétaire de sa part.
Quels sont les délais pour régler une succession ?
En France, le délai moyen est de 6 mois. Ce n’est pas un hasard : c’est le délai légal imposé par l’administration fiscale pour payer les droits de succession sans pénalités de retard. Si le dossier est complexe (héritiers introuvables, mésentente, biens à l’étranger), ce délai peut s’allonger considérablement.
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Questions Fréquentes (FAQ)
Le recours au notaire est-il toujours obligatoire pour une succession ?
Non, pas toujours. Si la succession ne comporte aucun bien immobilier et que les actifs sont inférieurs à 5 000 €, les héritiers peuvent parfois se passer de notaire et prouver leur qualité avec un certificat d’hérédité (délivré par certaines mairies). Cependant, dès qu’il y a une maison, un appartement ou un testament, le notaire est obligatoire.
Combien coûte une succession chez le notaire ?
Le coût dépend de la valeur des biens. Les émoluments du notaire sont tarifés par l’État (pourcentage de l’actif). Il faut distinguer les frais de notaire (rémunération) des droits de succession (impôts versés au Trésor Public). L’acte de notoriété coûte environ 60 €, mais l’attestation immobilière et le partage sont proportionnels à la valeur du bien.
Que faire si un héritier bloque la succession ?
Si un héritier refuse de signer ou fait le mort (« héritier taiseux »), la succession est bloquée. Le notaire ne peut pas forcer la signature. Il faudra alors faire intervenir un huissier pour le sommer de prendre parti, et en dernier recours, saisir le tribunal judiciaire pour obtenir le partage judiciaire.
Peut-on refuser une succession ?
Oui. Si les dettes du défunt sont supérieures à son patrimoine, les héritiers ont tout intérêt à renoncer à la succession pour ne pas avoir à payer les dettes sur leurs propres deniers. Cette renonciation se fait officiellement (au greffe du tribunal ou devant notaire).

