
Les droits de succession et de donation en France représentent l’impôt prélevé par l’État sur le patrimoine transmis, que ce soit au moment du décès (succession) ou du vivant de la personne (donation). Comprendre cette fiscalité est indispensable pour protéger ses proches, car si la France propose des abattements généreux pour la famille proche, la facture peut grimper jusqu’à 60 % pour des héritiers éloignés ou sans lien de parenté.
Le notaire joue ici un rôle central : il n’est pas seulement l’exécuteur testamentaire, il agit aussi comme le collecteur d’impôt pour le compte du Trésor Public. Voici tout ce qu’il faut savoir sur le calcul, les exonérations et le paiement de ces taxes.
Comment sont calculés les droits de succession ?
Le calcul s’effectue en trois étapes précises par le notaire :
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L’Actif Net Taxable : On prend la valeur totale des biens du défunt (maisons, comptes, placements) et on soustrait les dettes (emprunts, factures, frais d’obsèques).
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L’Abattement : On applique une réduction sur la part de chaque héritier selon son lien de parenté (voir ci-dessous). C’est la part sur laquelle vous ne payez pas d’impôt.
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Le Barème Progressif : Le montant restant après l’abattement est taxé selon un pourcentage qui augmente avec la valeur des biens (de 5 % à 45 % en ligne directe).
Les Abattements : Combien pouvez-vous recevoir sans payer d’impôt ?
C’est la question la plus importante. L’État accorde une franchise d’impôt qui varie selon le lien avec le défunt ou le donateur. Ces abattements se rechargent tous les 15 ans.
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Époux et partenaires de PACS : 0 € d’impôt. Ils sont totalement exonérés de droits de succession (mais pas de donation).
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Enfants : Abattement de 100 000 € par parent et par enfant.
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Frères et sœurs : Abattement de 15 932 € (exonération totale sous conditions strictes de cohabitation).
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Neveux et nièces : Abattement de 7 967 €.
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Petits-enfants : Abattement de 1 594 € (attention, l’abattement est plus élevé en cas de donation : 31 865 €).
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Tiers (concubins, amis) : Abattement symbolique de 1 594 €.
Le piège des taux élevés pour les parents éloignés
Si vous transmettez votre patrimoine à des personnes qui ne sont pas vos enfants ou votre conjoint, la fiscalité française est l’une des plus lourdes d’Europe :
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Entre frères et sœurs : 35 % à 45 %.
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Entre oncles/tantes et neveux/nièces : 55 %.
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Entre tiers (concubins sans PACS, amis, beaux-enfants) : 60 % dès le premier euro après l’abattement.
Donation : L’importance d’anticiper
Pour éviter que vos héritiers ne paient trop d’impôts au moment de votre décès, le notaire vous conseillera souvent de faire des donations de votre vivant. Le principe est simple : les abattements (les 100 000 € par enfant) se renouvellent tous les 15 ans. En donnant tôt, vous « purgez » la fiscalité et réduisez la facture finale.
De plus, il existe le « Don familial de sommes d’argent » (Don Sarkozy) : vous pouvez donner jusqu’à 31 865 € en cash à chaque enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant, sans impôt, tous les 15 ans, sous conditions d’âge.
Vous souhaitez optimiser votre succession pour payer moins d’impôts ? Consultez un notaire spécialisé en gestion de patrimoine via notre annuaire pour établir une stratégie sur-mesure.
Questions Fréquentes (FAQ)
Quand doit-on payer les droits de succession ?
Le paiement doit être effectué lors du dépôt de la déclaration de succession, soit dans les 6 mois suivant le décès (12 mois si le décès a eu lieu hors de France). Tout retard entraîne des intérêts (0,20 % par mois) et des pénalités (majoration de 5 % à 40 %).
L’assurance-vie rentre-t-elle dans la succession ?
En principe, non. L’assurance-vie est « hors succession » et bénéficie d’une fiscalité très avantageuse (abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans). C’est l’outil préféré des Français pour transmettre un capital hors taxes.
Peut-on payer les droits de succession en plusieurs fois ?
Oui, sous conditions. Il est possible de demander un paiement fractionné (en plusieurs fois) ou différé (payer plus tard, par exemple au décès de l’usufruitier). Cependant, l’État exige des garanties (hypothèques) et applique un taux d’intérêt sur les sommes dues.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?
Non. Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint survivant et le partenaire de PACS (s’il y a un testament) sont totalement exonérés de droits de succession, quel que soit le montant hérité.







